Choc des cultures

Récemment, j’ai dû écrire un compte rendu pour l’université en Angleterre, dans lequel je décris mes expériences et le progrès dont j’ai fait pendant mon année à l’étranger jusqu’ici. J’avoue, c’était sympa de revisiter tous ce que j’ai fait, réfléchir sur mes expériences.

POURTANT, il y a des choses et des remarques que j’ai pas inclus, soit parce que j’avais plus de place, soit parce qu’ils sont hors du sujet ou sans intérêt. Parfois, je crois aussi qu’il s’agit un peu de choc des cultures, mais je mentirais si je nie que je l’attendais. Alors, voici une liste des remarques insignifiants et des exemples du choc des cultures. Je m’excuse en avance si les tirades se produisent.

1) Beaucoup de gens ici sont très amicales.

Je peux compter plus qu’une fois que quelqu’un m’a dit “bonjour”, même si je l’ai jamais vu avant. La femme de nettoyage et moi se salue chaque fois qu’on se croise. Dans l’ascenseur, ceux qui descendent souhaitent une “bonne journée” aux ceux qui restent. C’est sympa! Je pense que le monde sera beaucoup plus agréable si on apprend l’habitude de se reconnaître dans la rue. Et quand j’ai eu besoin de demander à quelqu’un le chemin vers quelque part, il le fait volontiers. Trop obligeant!

2) Les professeurs à l’université sont très sympathiques et accueillants.

Avant de partir, on m’a prévu beaucoup que la relation étudiant-professeur est beaucoup plus formelle dans les universités françaises ; on ne peut pas approcher aux profs très facilement. Alors j’attendais la même chose en Suisse. Peut-être j’avais tort : elle est un autre pays après tout. Et bien sûr, on se vouvoie toujours, et il reste une certaine distance de politesse ; mais ils sont tous si amicales. Ils nous rassurent toujours que, si on a des questions, ils restent disponible pour répondre par email, ils sont en permanence tous les jours X à l’heure Y. Ils sont heureux de discuter des sujets, soit (un débat) dans les cours, soit après le cours, individuellement. Ils n’ont pas peur de rire dans les séminaires, de parler comme c’est une conversation, et pas un conférence. Bref : j’ai eu des profs géniaux le semestre dernier !

3) Dieu, qu’il coûte cher ici!

Oui, un point un peu évident. Et je l’attendais, mais peut-être j’ai sous-estimé l’étendue ! Moi et ma mère, on fait une blague qu’à Genève, tout coûte CHF 50, et c’est pas loin de la vérité. Je me souviens que la première semaine à mon arrivée, j’ai fait des courses (pour une personne), et il a coûté plus de CHF 60. Pour vous les Britanniques là-bas, cela est l’équivalent de plus de £43* (*au moment de la publication). Pour une personne. Alors ça n’étonne pas que la plupart des gens qui travaillent ici habitent et font des magasins en France. Ce qui débouche bien sur le point qui suit…

4) La frontière pourrait aussi bien n’exister pas.

Ça fait environ 5 mois que je suis là et j’ai fait les courses en France. Et le numéro de fois qu’on m’a demandé de voir mon passeport/pièce d’identité? Une. Car autant du monde habitent et font des courses en France, le douane ne fait que des contrôles inopinés, pour vérifier que des gens ont des papiers pertinents. Mais la plupart de temps, des véhicules passent librement, sans soucis. C’est normal ici. Pourtant, du point de vue de la culture (en manque d’une autre terme), on sait qu’on est dans un autre pays. A part des faits que les placards routières changent, des prix sont tous donnés en euros et il y a des drapeaux français partout, au lieu de suisses, l’atmosphère change un peu. On remarque des différences minuscules dans les bâtiments, dans les paysage, même dans les stocks des magasins. Je peux pas l’expliquer complètement, mais on sent qu’on est bien en France. C’est bizarre. Ou ce n’est que moi qui me sens comme ça ?

5) Tout le monde aime le chauffage central.

Je vous dis : quand il fait plein hiver dehors, il y a quelque chose de mal si je dois toujours garder la fenêtre ouverte pendant la nuit parce qu’il fait trop chaud à l’intérieur pour dormir ! Je rigole pas. Le moment où novembre soit arrivé, on a allumé le chauffage centrale, et on a passé 4 mois jusqu’ici en températures de 23/24 degrés. A la maison, à l’université, à l’église  : il est juste étouffant, et je me trouve en t-shirt deux minutes après l’arrivée. Oui, il fait froid dehors, mais ça veut pas dire que j’ai envie d’être dans un sauna à l’intérieur ! Cela dit, il me semble que n’importe qui qui n’a pas de contrôle sur le chauffage centrale s’en plaint aussi !

 

6) La nourriture : chaque stéréotype se compose d’une once de vérité.

Quels sont les stéréotypes alimentaires de la Suisse ? Pour moi, c’était le chocolat, le muesli et la fondue. Bon, je peux vérifier : c’est la vérité. Les grands magasins au centre-ville compris des rayons dédiés au chocolat des fabricants suisses : chez Coop, on peut acheter des perles Lindt individuellement, à la choix (la Suisse a gâché le chocolat Lindt pour moi : il est aussi répandu que Cadbury’s au Royaume Uni*) ! Le dernier fois que j’ai regardé, je suis sûre que je pouvais compter plus que cinq sortes différents du muesli dans le rayon céréales à Migros, ne comptant pas le birchermuesli qu’on peut acheter en des gros pots de 500g. Et la fondue peut être un soirée typique entre les amis, soit au restaurant, soit à la maison dans un caquelon à fondue avec une mélange des fromages du sus-mentionné Migros, déjà préparé.

7) Tout est en argent liquide.

Ce point-ci, je crois que j’en suis habituée maintenant. Mais au début, il m’a rendu un peu mal à l’aise. Je ne porte pas confortablement CHF 1500 dans ma poche arrière. Mais dans un pays où le cinq est une pièce et le minimum qu’on peut retirer d’un bancomat (helvétisme !) peut être parfois CHF 50, ai-je raison d’être si étonnée ? Ce qui m’énervait le plus au début était le fait que, quand j’ai besoin de payer le loyer à la poste, on ne peut payer là-bas qu’avec une carte PostFinance. Alors je dois payer le loyer avec un bulletin de versement et la somme en cash. Assez différent du système britannique avec ses débits directs et ses notes de £5 !

8) Tout le monde habite ici. Sauf les Genevois.

La ville et l’université sont tous les deux si multiculturelles que j’ai rencontré aucun-e vrai-e Genevois-e jusqu’ici. Même hors de l’université, j’ai entendu beaucoup d’autres langues : anglais; allemand, langues slaves, espagnol. Evidemment, le français reste la langue la plus prévalente dans la rue, mais tout de même. Il me semble que la plupart des gens qui habitent ici sont des expatrié-es. On verra si le deuxième semestre changera ça.

9) Après bien réfléchir, je l’aime beaucoup ici!

Oui, finir avec un ton un peu cucul**. Au début, je n’étais pas trop sûre quoi penser de la ville. Elle est peut-être une des plus grandes villes dans lesquelles j’ai vécu, certes la plus chargée. Et je ne comprenais rien sur le fonctionnement du quotidien, je ne connaissais personne, je ne savais pas de quoi la vie rassemblerait. Si on me demandait à ce temps’là (et quelques gens l’ont fait) si j’aimerais retourner après, j’aurais dit “Je ne pense pas”. Mais maintenant que je connais la ville mieux (et elle n’est pas aussi grande et effrayante qu’au premier regard!) et je me suis plus habituée à la vie ici, je confirme : Genève, je t’aime.

Alors voilà. Je suis sûre que je vais découvrir des nouveaux tics suisses qui me surprend, m’énerve, me fait me tromper. Et puis j’irais ici pour me plaindre à nouveau !

Bon, à bientôt!

Ceri

*REVISION : bon, d’accord, pas vraiment. Il est toujours mieux de Cadbury’s, et ici on peut trouver vachement plus de variétés qu’au RU.

**”Cucul, cucul la praline” : une phrase que j’ai appris récemment, et qui est vite devenue un de mes préférées!

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